Elle

Publié le par Lukas

Et je restais campé sur mes deux jambes

Devant la fenêtre de ma chambre

A scruter la cage d’escalier vide

Au marches tournoyantes,

Et à attendre et espérer

Face au mur de béton élimé,

Face à mon reflet vide sur la vitre,

Le passage fugitif

De l’être désiré.

 

 

Debout et seul, statue figée dans sa morne solitude,

La tête pleine de rêves et de lumières

Aussitôt contredits par mille désillusions

Que ma raison coriace opposait

A ma folle imagination,

Je scrutais en silence la cage d’escalier vide

En écoutant les battements lents de mon cœur

Que je savais, avec la plus intime conviction,

Accordés aux siens, lointains mais si proches.

 

 

Et je nourrissais l’espoir secret, l’espoir naïf

De me glisser entre ses cuisses,

De caresser le galbe lisse de ses seins

Et le tendre velours de sa peau blanche,

De froisser la cataracte de sa chevelure noire

De mes mains aux doigts déliés ;

D’embrasser la courbure de ses hanches,

Et ses lèvres

Et sa bouche

Et sa langue,

D’échanger nos flux et nos essences,

D’accéder au centre névralgique de ses sens

De son intimité

Pour déclencher en elle

Et en moi

Mille émois

Mille levés de soleil

Mille éclats partagés.

 

 

Que nous frissonnions ensembles à l’unisson du plaisir

Dans une pure jubilation de la chair.

Effleurer de nos corps alanguis et fusionnés

Le fleuve ardent de la passion qui nous relie

Et nous transporte l’un et l’autre

Vers des territoires vierges

Que nos âmes vierges

Ne peuvent soupçonner.

 

 

Pour arracher à la vie quelques secondes d’extase

A jamais gravés dans nos mémoires,

En inoubliables instants

D’éternité.

 

 

 

2005

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Publié dans Poésie

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