Qui défile

Publié le par Lukas


Sur les rails de métal le serpent de ferraille glisse

Lestement. Dans le miroitement de ses vitres lisses

L’on aperçoit l’amas lassant des visages tristes

Qui défilent, qui défilent, qui défilent.

 

Sur les routes de bitume, sur les chaussées noircies,

Comme rongées par la fureur du passage et du bruit,

Voitures virevoltent, virtuoses volubiles,

Qui défilent, qui défilent, qui défilent.

 

Sur le vaste champ du ciel béant comme un gouffre bleu

Les grandes ailes d’argent piquetées de mille feux

Tissent des lignes blanches, des panaches vaporeux

Qui défilent, qui défilent, qui défilent.

 

Sur le miroir roulant de la mer sertie de saphirs

Que vient franger sereinement le soupir du zéphyr

S’emportent des escadrilles d’innombrables navires

Qui défilent, qui défilent, qui défilent.

 

Et les hommes, dans tout cela, à quoi s’occupent-ils ?

Empruntant ces grands axes, chevauchant ces grandes lignes,

Ils avancent sans laisser de traces, loin de leur vie,

Qui défile, qui défile, qui défile.

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Publié dans Poésie

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