Impressions
Les larmes silencieuses ponctuent le temps assassin
Et les sanglots carillonnent aux portes de la nuit.
La pluie éparse s’amoncelle sur les êtres immobiles
Et résonne de la complainte fébrile du vide insensé
Des existences.
Les maisons sont des corps frêle et abandonnés
Des masses inertes d’espaces désenchantés
Et le ciel écarlate, qui s’étale, écartèle
Leurs tuiles et leurs briques en de longues ficelles
Et mes pensées aussi.
Puis les ombres s’assemblent sans un bruit
Sur un monde plein de cris retenus
Dans le noir une bougie qui vacille
Etouffe à jamais un dernier soupir
Et meurt seule, perdue.
Le sommeil étrange et calme
Gagne les âmes qui réclament le repos.
Les étoiles allumées sur l’infini des flots
Glisse lentement vers leur lente agonie.
Des gémissements lugubres filent à travers la nuit
Et le bonheur versatile, incertain, insouciant
Vacille un instant, se replie
Et bascule dépité dans l’éternel néant.
Les visages accrochés aux miroirs transparents
Sont des statues inertes, livides et sans sourires
Leur regard vide n’est qu’un soupir suppliant
Qui exhale le râle des plus âpres souvenirs.
Les fontaines se tarissent et les cœurs moroses s’assèchent
Sur la brèche revêche de l’obscurité qui tombe
La vie n’est qu’un sourd élan de tristesse
Un espace froid couvert de l’ombre froide
Des blanches tombes.
13/11/2003